Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

L'éclat

Publié le par Sylvie Méheut

Que cet éclat de nous qui s’aiguise au soleil

Demeure

Que se couvre d’ardeur la crémone des jours

Que soit changée en blé la corne de l’amour

Qui orne le levant se sa lèvre opaline

 

D’où que vienne l’espoir qu’il soit entre nos cimes

Plus probe que le vent plus aimant qu’une mère

Que charitablement se lève la lumière

Sur ce monde insensé que la peur assassine

 

D’où que vienne l’espoir qu’il éloigne la guerre

Et des cœurs en exil qu’il recueille le grain

Et sème à tout jamais sur nos vies éphémères

Cette fraternité dont nous ferons festin

 

Que cet éclat de nous qui s’aiguise au soleil

Demeure

Que soient bénies les heures qui nous verront joyeux

Tendre une main de buis dans le soir capiteux

Pour épandre le blé qui descend des nuages

 

Que soient bénies les heures sur le chemin des sages

 

 

Sylvie Méheut 

Partager cet article

Repost 0

L'Adour

Publié le par Sylvie Méheut

Je te laisse ma voix au mépris du silence

Qui broute au vent carmin la pâture des jours

Longtemps je t’ai cherché redoutant ta présence

Sans te savoir encore je t’aimerai toujours

 

Et filent les soleil et roulent les marées

Et pleurent les croix d’encre aux basiliques bleues

Si ton chant se fait las le mien s’est envolé

Ranimer ta lanterne sous l’océan frileux

 

Toi que je vis chanter toi que je vis revivre

Crachant aux mausolées la goualante d’amour

Je t’épingle à mes doigts quand l’horizon respire

Et soulève la mer en charriant l’amour

 

Je te laisse mes yeux pour que tu te souviennes

Des rives indiscrètes que bouscule l’Adour

Des épitaphes rousses que l’automne dissèque

Et des sanglots murés que le destin laboure

 

Et filent les soleils et roulent les marées

Et pleurent les croix d’encre aux basiliques bleues

Si mon chant se fait las le tien s’est envolé

Ranimer ma lanterne sous l’océan frileux

 

Je te laisse ma voix au mépris du silence

Qui broute au vent carmin la pâture des jours

Longtemps je t’ai cherché redoutant ta présence

Sans te savoir encore je t’aimerai toujours

 

 

 

Sylvie Méheut

 

 

Publié dans Chansons

Partager cet article

Repost 0

Ton visage adoré

Publié le par Sylvie Méheut

Ton visage adoré où s’arrime le monde

J’y suis venue cueillir la palme du printemps

Et je plonge en tes yeux comme plonge le temps

Lorsque le vent dénoue sa cape vagabonde

 

Ton visage adoré

Avec toutes ses cascades et tous ces chemins creux

Qui mènent le bonheur de mes lèvres à tes yeux

Où s’irisent en riant d’étranges mappemondes

 

Visage Ô paysage

Viens 

Entre dans la ronde

 

Entre avec tes palombes

Tes collines en fleurs

Tes îles florifères

Tes versants faméliques

Tes aurores premières

Tes bracelets de feu

Tes berges

Tes crécelles

Ta loi et ta musique

 

Entre avec tes silences

 

Visage Ô paysage

Viens

Entre dans la danse

Que je sente en mon sein l’écho de l’infini

Battre battre tambour avant que de renaître

 

Qu’il serait bon Amour de s’endormir ainsi

Ainsi que le lilas

Tes lèvres à ma fenêtre

 

 

 

Sylvie Méheut

 

Publié dans Le jardin du coeur

Partager cet article

Repost 0

Décembre

Publié le par Sylvie Méheut

Le grand front du matin s’évase éperdument

Sur l’archet de décembre et sur la sapinière

Au revers du taillis s’embusque téméraire

Le bécasseau cendré sur son vaisseau d’argent

 

L’étang s’est rabattu sous un ciel à tout fendre

Et près des peupliers l’ornière s’est allée

Polir pour la Noël quelque larme oubliée

Que le vent franciscain se refusait à rendre

 

Et tout s’irise ainsi que s’irise décembre

La neige sur les aulnes - Sous l’horizon la mer

Et sur le hallier blanc l’empreinte de l’hiver

 

 

À la mémoire de Michel Méheut

 

 

Sylvie Méheut

Publié dans Vagabondages

Partager cet article

Repost 0

Ô luths jouez encore

Publié le par Sylvie Méheut

Quand l’horizon s’incline

Le soir exhume alors

Ses instances marines

Ses épigrammes d’or

 

Ô luths jouez encore

 

Jouez que se dessinent

Là-bas sur la colline

Les fragrances alumines

De la vie qui s’endort

 

Ô luths jouez encore

 

Jouez que se déclinent

Sous la nuit plombalgine

Les épitaphes d’or

D’un ciel océanide

Que l’amour aramide

Excave sans remord

 

Ô luths jouez encore

 

 

 

Sylvie Méheut

Publié dans Vagabondages

Partager cet article

Repost 0

Le cercle de l'aurore

Publié le par Sylvie Méheut

         Je ne suis pas ce Je majuscule et sans âge, je ne suis pas ce Je apposé dans la marge. Je suis Vous qui passez, compagnons de mirages, multiples de moi-même à l'ombre des noyers.

Il m'en aura fallu du temps pour délasser les grandes mains de l'aube que le couchant fermente et du temps pour aimer par-delà la tourmente, chaque coeur, chaque ride, chaque larme versée.

Je sais que le dernier souffle aura le parfum du premier, rassemblant à rebours les fragrances éludées de nos intermittences et je nous sais unis par la même cadence, la même convergence, la même humanité.

Quand un enfant s'envole, quand un homme se perd, quand une femme meurt sous les coups de son frère, quand les linceuls d'hiver ensanglantent les blés, c'est la terre tout entière qui compte ses absents et qui pardonne au ciel son silence funeste. C'est la terre tout entière qui pleure sous sa veste, recouvrant d'un revers de glaise les gisants.

Il m'en aura fallu du temps pour délivrer l'azur de ses nasses fatales, de ses vents sanguinaires, de ses capes meurtries, ses famines d'osiers, ses faillites de cendre, ses bombes, ses prisons, ses potences dressées.

Il m'en aura fallu du temps pour Nous aimer, il m'en aura fallu, il m'en faudra encore pour aimer par-delà le cercle de l'aurore.

 

 

Sylvie Méheut

                                                                             

Publié dans Un jardin sur le monde

Partager cet article

Repost 0

Entre Rochebonne et Dinard

Publié le par Sylvie Méheut

Tout est si permanent 
Tout semble volubile
C’est à peine si l’on pressent
Sur le Sillon évanescent
L’oisellement bleu de la ville

Ô que personne ne gémisse
Ô que nulle âme ne périsse
À moins de mille années d’ici
Que sur le front de marée glisse
À la manière d’un calice
Un fier haleur aux yeux d’oubli

Voici le ferry de Portsmouth
Qui s’éloigne sur ses feutrines
Avec son coeur d’amareyeur
Et son giron de popeline
Voici le ferry de Portsmouth
Tel un mirage aux yeux de bruine

Ô que personne ne flétrisse
Ô que nulle âme ne trahisse
À moins de mille années d’ici
Que sur le front de mer ne passe
À la manière d’un rapace 
Un fier haleur aux yeux de nuit

Voici l’hôtel du bout du monde
Dont tu me parlais l’autre soir
Voici l’hôtel du bout du monde
Entre Rochebonne et Dinard

Tout est si permanent
Tout est si volubile
Nous n’avons d’yeux que pour les îles
Qui voient partir vers l’Angleterre
Un oiseau-lyre aux yeux de mer

C’est à peine si l’on pressent
Sur le Sillon luminescent 
L’oisellement bleu de la ville


Sylvie Méheut
 

Publié dans Un jardin sur la mer

Partager cet article

Repost 0

Au parapet du bout du monde

Publié le par Sylvie Méheut

L'amour empale ses candeurs
Au parapet du bout du monde
Au flanc du jour l'ourlet des fleurs
Exhume les cambrures de l’onde
 
Sous sa feutrine de mariée
L'allée s'effeuille dithyrambe
Des digitales de septembre
Il ne reste que la langueur
D’un long baiser au goût de cendre

Le temps s’en va
Le temps s’égraine
Tel un chapelet de juillet
Sous le muscadier les genêts
Lissent leurs ailes polyandres

L’amour affûte ses vertiges
Au parapet du bout du monde
Au flanc du soir s’esquive grise
La valse lente des rotondes

Sous son mantelet de fortune
Le vent ligature les fleurs
À pas de loup s’enfuit la lune
Sous son masque de chantepleure

À l'horizon le matin fume

Sylvie Méheut
 

Publié dans Vagabondages

Partager cet article

Repost 0

Le temps des amours

Publié le par Sylvie Méheut

Il ne fut pas long le temps des amours
Mais il m’a laissé au creux de l’oreille
L’écho d’un ruisseau bel écrin d’oseille
Où s’allait le soir paître mon troupeau

La fenêtre offerte au printemps nouveau
Emporte le temps emporte la page
Comme il était sage comme il était beau
Le temps des amours et du renouveau

Il ne fut pas long le temps des amours
Mais si doux au cœur et si tendre à l’âme
Que je garderai comme une oriflamme
Épinglée au soir sa petite flamme

Sa petite flamme comme une oriflamme
En guise de palme dans le ciel si beau

Il ne fut pas long le temps des amours
Mais il m’a laissé au creux de l’oreille
L’écho d’un ruisseau bel écrin d’oseille
Où s’allait le soir paître mon troupeau

Sylvie Méheut
 

Publié dans Le jardin du coeur

Partager cet article

Repost 0

J'ai bu l'eau vive à la margelle

Publié le par Sylvie Méheut

J’ai vu l’eau vive à la margelle
J’ai souhaité voir
Et j’ai vu
Elle paraphait toutes les ailes
Du frontispice de ma rue

Qu’il faisait bleu à la fenêtre
Quand la mer enrôlait les îles
Le vent léchait l’espagnolette
D’avril

Reviens-moi sotte ritournelle
Reviens camper sur mon lopin
Enlierre-moi 
La coupe est belle
Sème les gemmes
Sème le grain

O temps rompu des servitudes
O temps rompu comme le pain
Une croix sur la solitude
Des palets de joie au jardin

J’ai bu l’eau vive à la margelle
J’ai souhaité boire 
Et j’ai bu
Elle avait un goût d’hirondelle
D’éphéméride
Et de ciguë

 

Sylvie Méheut

Publié dans Un jardin sur la mer

Partager cet article

Repost 0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 > >>