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Dive joie

Publié le par Sylvie Méheut

Ô dive joie

Tu es venue

 

Toi la sans sommeil

La nubile

Poser sur l’arc-en-ciel

Tes breloques dociles

Et sur le ciel soucieux

L’alphabet de l’oubli

 

Ô dive joie

Je t’attendais

Depuis l’aube des temps

Je t’attendais

Sur le perron d’enfance

Sur la ville courroucée

Sur la prime fenêtre

Sur le verbe édifié

Au plus près de sa source

 

Combien je t’espérais

Du cœur bleu de la mousse

Aux claires-voies de l’ivraie

 

Ô dive joie

Ma constellée

Ma palme

Lorsqu’il m’est apparu

Paré de mille flammes

À la charnière avide

Où se dissout la nuit

Sous le mascaret

Flamboyant de la vie

J’ai cru mourir et naître

Sous le feu de son âme

 

Ô dive joie

Tu es venue

Toi la sans sommeil

La nubile

Poser sur l’arc-en-ciel

Ton alphabet docile

Et sur le ciel soucieux

Tes breloques d’oubli

 

 

 

Sylvie Méheut

 

Publié dans Un jardin sur la mer

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Vendanges

Publié le par Sylvie Méheut

Offrir ce que nous fûmes

Et ce que nous serons

Aux villes de demain

Aux vendanges d’hier

Et de nos soifs encore

Réinventer la mer

Qui rabat en riant

Son chaperon d’écume

 

Offrir ce que nous fûmes

Et étreindre l’instant

Et étreindre l’instant

Comme on étreint la dune

 

Là-bas sur l’avenue

Tout s’agite et se tend

La frêle ritournelle

De nos cœurs en partance

Assaille çà et là

Les moyeux du silence

 

Voici l’aube venue

Sur les gradins du temps

Voici les berges folles

Ombrellées d’insouciance

Et sur le fleuve en marche

Les faisceaux de faïence

D’un possible océan

 

Et nous allons ainsi

En ne possédant rien

Que le bagage heureux

De nos ombres qui dansent

 

Offrir ce que nous fûmes

Et nous saurons demain

Les vendanges d’hier

L’instant qui se balance

Et la dune

Et la mer

Et le fleuve en partance

 

 

Sylvie Méheut

Publié dans Vagabondages

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Ainsi

Publié le par Sylvie Méheut

Ainsi le jour s’immole infinitésimal

Déversant sur la mer son cornet d’abondance

Le vent timidement avive sa cadence

Et le soleil exhume ses barques sidérales

 

Ainsi s’en va l’amour imperceptiblement

Ainsi s’en vient la mer insolemment éprise

Étoilant pas à pas la houppelande grise

De la grève soumise aux assauts du couchant

 

Ainsi la nuit s’étiole infinitésimale

Échancrant sur l’îlet son corsage d’écume

Le vent fébrilement soulève son enclume

Et la lune rabat son jupon boréal

 

Ainsi s’en vient l’amour imperceptiblement

Ainsi s’en va la mer insolemment conquise

Écornant pas à pas la houppelande grise

De la grève promise aux assauts du levant

 

 

Sylvie Méheut

 

Publié dans Un jardin sur la mer

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Dors

Publié le par Sylvie Méheut

Dors

De ton sommeil d'argile et de faïence

 

Dors

Plus près de moi encore

Au ras de ton enfance

 

Dors

Sur les lèvres d'avril

Sur le limon des prés

Sur le vermillon fou des vestiges du temps

 

Dors

Au grand soleil de ma maison

 

Dors

La mer au loin roucoule

Et le vent s'émerveille

 

Dors

Que j'entende encore le chant de ta mémoire

Et l'écho flamboyant des heures accomplies

 

Dors

Il n'est plus grand bonheur que de voguer ainsi

Lorsque chante le ciel sous la charpente éprise

Et que la mer au loin fanfaronne si grise

En remorquant nos pas

 

Dors

Puisque je veille

Et qu'il n'est de sentence

Au chevet de l'émoi

 

Dors au seuil de ma joie

 

 

Sylvie Méheut

Publié dans Le jardin du coeur

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Solstice

Publié le par Sylvie Méheut

Te souviens-tu du temps

Du temps de peu de nous

Où nous nous inventions

Des îles et des dunes

Des porches d’apparat

Sous des noyaux de lune

Et des valses de mai

Au kiosque du matin

 

Qu’elle fut belle l’attente

De saison en saison

Et douce la chanson

Qui vint avec l’automne

À l’heure des grands vents

Quand la vague s’étonne

De traverser le ciel

Sur son vaisseau d’embruns

 

Oh qu’il fut bienheureux

Ce prime instant de nous

Loin des viviers transis

Des vastes solitudes

Au plus près de nos doigts

Où innocemment jouent

Sur des rocs aguerris

Des guêpières d’écume

 

La ville échevelée

Nous suivait en sifflant

Ces airs venus d’ailleurs

Que la marée rumine

Le soir sur l’océan

Tendre valet de cœur

Soudoyait des soleils

Aux prunelles d’argile

 

Qu’elles furent suaves les heures

Au balcon de septembre

Et lascive la sève

De l’ultime candeur

Sur le square alangui

Où s’étirait le Tendre

Telle une martingale

Au manteau du bonheur

 

Et nous eûmes au réveil

Des îles et des dunes

Des porches d’apparat

Pour y noyer l’oubli

Des baisers de septembre

Des scaphandres de lune

Des frondaisons de sel

Sur nos manteaux de suie

 

Te souviens-tu du temps

Du temps de peu de nous

Où nous nous inventions

Des vies qui nous ressemblent

Des mains gantées d’azur

Des serments d’amadou

Et des valses de mai

Sur nos cartes de Tendre

 

Sylvie Méheut

Publié dans Un jardin sur la mer

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Celui que j'aime

Publié le par Sylvie Méheut

Celui que j'aime a cent visages

Chacun de nous le croise un jour

 

Il est le ciel qui s’ennuage

L’alluvion tiède du faubourg

Il est la croix

Il est la marge

La doublure de la douleur

Il est la grâce qui s’anime

Sous la polyphonie des heures

 

Il est l’ardente démesure

La page vierge

Le tison

La note claire

L’embrasure

L’encorbellement des saisons

 

Il est la fresque qui s’aiguise

Au portillon du fol été

Le ruisselet qui s’émancipe

Sous la caresse de l’ondée

 

Il est le verbe et la nuance

L’éternité

Le vin nouveau

Le frémissement du silence

Quand vient le soir sur le sureau

 

Celui que j’aime

A cent visages

Chacun de nous le croise un jour

Sous le soleil où s'ensauvagent

Les frissonnements de l'amour

 

 

Sylvie Méheut

 

Publié dans Le jardin du coeur

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Ce blanc

Publié le par Sylvie Méheut

Se laisser surprendre

Ne donner qu’en riant les épures de miel

Qui roulent leurs écrous sous les crocs du silence

Prendre dans la mémoire la faconde et l’ivresse

Saisir sur le reflet que nos gestes d’avant n’ont cessé de distendre

La piété qui nous reste

 

Tu sais la ville et ses désirs inexplorés

Berçant fugacement la montée de septembre

Tu sais ce blanc que la corne des soleils sur la place enlunée

ne parvenait à fendre

 

Ce blanc qui ne savait attendre

Ce blanc qui était jouissance aux pupilles dérobées

Ce blanc sacré

Secret des berges alumines

Ce blanc maritime

 

Lorsque tu l’écrivais

Que je mimais tes rimes

Le temps se désossait sous nos cieux panachés

 

Ce blanc c’était l’amour vois-tu

Le partage incessant

L’abolition des bruits

Le départ de nos cœurs vers des marges d’oubli

Et mon toit en ta main qui se laissait suspendre

 

La pluie venait toujours

Délestant sous tes cils l’entre-temps et la brise

Les planches du salut

Et les yeux de bleuets des volets de septembre

 

Ce blanc c’était l’amour vois-tu

Et la ville en riant ajustait ses dentelles

Laissant au creux de reins

un parfum suranné d’amour et de coriandre

De salut et de miel

 

 

Sylvie Méheut

 

Publié dans Le jardin du coeur

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Boreas

Publié le par Sylvie Méheut

Que n’ai-je assez vécu sur la berge sauvage

Où la douleur allait sous son corset d’airain

Plus folle que le vent sur la lande des sages

Plus solitaire encor’ que ne l’est le matin

 

Que n’ai-je assez dansé sur la grève volage

Voltigeant comme azur au milieu des genêts

Quand l’ourlet de la mer enroulait au passage

La voile de mes jours au scaphandre de mai

 

Que n’ai-je assez chanté sur les pavés d’automne

Quand la ville épousait la brume sous mes pas

Et que passait la joie tranquille et monotone

Distillant sa lumière sur le parvis des rois

 

Que n’ai-je assez aimé aux tisons de l’absence

Que n’ai-je assez vécu  Que n’ai-je assez chanté

Pour qu’enfin le bonheur sur son vaisseau d’aimance

En un sanglot suprême daigne me pardonner

 

 

Sylvie Méheut

Publié dans Vagabondages

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Les goémoniers

Publié le par Sylvie Méheut

Au petit jour ils s’avançaient
Sous le tintamarre morose
Quittant leurs fermes noires et closes
Il est des jours de peu de temps
Il est des nuits de peu de choses

 

De petits matins écorchés
En crépuscules virtuoses
Pour peu que la marée n’appose
Ses oriflammes bigarrées

 

Ils balançaient sur les chemins
Leurs silhouettes soldatesques
Sous la mansuétude burlesque
Des almandines du destin

 

Les femmes et les enfants riaient
Processionnant sur les sentines
D’arborescentes figulines
Et des songes de navarins

 

La vie colportait sous sa dague
Des relents d’iode et de nourrains
Des cantilènes secourables
Et des larmes de boulingrin

 

Au petit soir ils s’annonçaient
Sous le tintamarre grandiose
D’un ciel laqué qui se nécrose
Sur les semailles et les étais

 

Ils s'époumonent en ma mémoire
Quand le vent moissonne la mer
Il est des vies de peu de gloire
Entre l’alpha et l’éphémère

 

 

Sylvie Méheut

 

Publié dans Un jardin sur la mer

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Impressions briochines

Publié le par Sylvie Méheut

Ô mon arborescence

Ma sanguine odyssée

Tu dis

Et je t’encense

Toutes lanternes bues

 

La ville et ses vallées

Mille en tout, me dis-tu

Les sentes minérales

Les jardins ouvriers

Les boulevards assis

Charner et Clémenceau

L’allée des Promenades

Au kiosque tellurique

Saint-Michel et son masque

Robien et sa musique

 

Et pointant le museau

À main franche du tout

L’Armor et son Toupin

Et le Gouët qui s’enfuit

Il faut des ponts pardi

Et des viaducs aussi

Pour siroter l’ici

 

Là-bas la passerelle

Enfile ses quais bleus

Il faut des quais-levis

Pour les beaux amoureux

Et des gares amourées

Au ventre magnétique

Il faut tout ça dis-tu

Pour gober la rythmique

 

Les rues s’élancent

Et nous allons

De repère en tanière

Là-bas c’était naguère

Ici le guéridon

Le lierre et la fougère

Le petit orphéon

 

L’usinage des mots

C’est buissonnier dis-tu

Et c’est incontrôlable

Étonnement ténu

 

Les façades joufflues

Les immeubles maussades

Et la mer au lointain

Qui crêpe ses cheveux

Il faut des grèves aussi

Pour les beaux amoureux

 

Tu dis hier et demain

Et la ville s’élance

Et mon âme en ta main

Je t’encense

Je t’encense

 

 

À ma ville

À Christian Prigent, l’enfant de Robien.

 

 

Sylvie Méheut

 

Publié dans Vagabondages

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