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Grâce soit rendue

Publié le par Sylvie Méheut

L’espace a la voie libre

Le temps s’est fait la malle

À la jonction des eaux

Te voici orpailleur

 

Grâce soit rendue

Au pays de ton âme

Grâce soit rendue

Au pays de ton coeur

 

J’inventerai pour toi

Des montagnes légères

Plus souples que la brise

Aux jupes des sous-bois

Et des feux si follets

Que ton âme alifère

Sur la blanche forêt

Adoubée chantera

 

Car tu sais le chagrin

Sous les mines d’opale

L’inassouvissement

Des heures déclassées

Tu donnes sans compter

L’encre de tes entailles

Et l’émerveillement

De la dernière paille

Au passereau blessé

 

J’inventerai pour toi

Des cascades de nacre

Des olifants d’ivoire

Pour tes matins d’osier

Un ciel de salamandre

Pour tes festins de jaspe

La voix des edelweiss

Au versant de l’été

 

L’espace a le chant libre

Le temps s’est retourné

À la jonction des mots

Te voici orpailleur

 

Grâce soit rendue

Au pays de ton âme

Grâce soit rendue

Au pays de ton coeur

 

 

À Jean-Marie Berthier

 

 

Sylvie Méheut

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La barque des anges

Publié le par Sylvie Méheut

Tu as foré mon coeur d’un éclat de jouvence

Apposer sur mes lèvres la coupe du désir

Sous l’appât de ta peau qu’il est doux de faillir

Quand le dais de la nuit blasonne le silence

 

Dans tes draps d’aube fine enlacer l’avenir

Et boire à ton sourire où ruisselle l'ardance

À l'horizon la baie ardemment se balance

Comme un amant heureux éperdu de plaisir

 

L’amour nous vit transis au ponton de septembre

Quand l'océan s’éprend d’un ciel aventureux

Nous avons enlacés pris la barque des anges

Celle qui d’un éclat blanc nous ramène à Dieu

 

 

Sylvie Méheut

 

Publié dans Le jardin du coeur

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La nef des cieux

Publié le par Sylvie Méheut

Tu es et demeures ainsi

Présence circulaire

Dans la légitimité la plus féconde

De ma clairière

 

Ce temps que tu me tends

Si verticalement

Je le cueille et en fait ouvrage

 

La poésie souvent me descend des nuages

 

J’aimerais rassembler les teintes de l’été

Et les déposer nues sur le parvis du monde

Tout demeure inchangé

Et le matin léger s’esbaudit à la ronde

La mer crinoline au large de Saint-Cast

Le petit bois moussu se recueille en silence

C’est à peine si l’on voit aux lèvres du chemin

Se dessiner la chance

 

Et si je tends les mains

Si je lève les yeux

C’est pour voler au ciel un baiser de lumière

Et reprendre ma joie comme on reprend la mer

Dans la nef des cieux

 

La mort n’existe pas

Savamment je le sais

Et si le corps s’éteint comme s’éteint la flamme

Il n’en est rien des âmes

Qui voyagent légères et nous ouvrent la voie

 

Tu es et demeures ainsi

Présence circulaire

Dans la légitimité la plus féconde

De ma clairière

 

 

Sylvie Méheut

 

La nef des cieux

Publié dans Le jardin du coeur

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La fuite de l'été

Publié le par Sylvie Méheut

Déjà le front de mer a remisé ses rêves

La villa refermé ses paupières de bure

Septembre se repoudre aux manchons de la grève

Sur la grille le couchant ajuste son armure

 

Avenue des Ajoncs les cœurs ne chantent plus

Les rires se sont tus dans les jardins troublants

Dont les exhalaisons rivalisent sans but

Avec les champs d’azur qu’embaume le printemps

 

Le fol été s’enfuit écossant à pas lents

Des myriades d’échos sur les ornières grises

Le ciel évanescent caresse les brisants

Et les sternes moissonnent à la proue de la brise

 

Déjà le front de mer a engrangé ses rêves

La villa reprisé ses paupières de bure

C’est l’heure sans rivage où nos bras se resserrent

Sur le fichu du temps que les saisons lasurent

 

Nous reviendrons avec l’automne goûter au charme suranné

D’une villa où s’abandonne l’ombre impavide de l’été

 

 

Sylvie Méheut

Publié dans Un jardin sur la mer

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Le retour du printemps

Publié le par Sylvie Méheut

Et je n’attendais rien

Quand tout me fut offert

L’étole du matin

La voile sur la mer

Sur le lilas fiévreux

Une écharpe de brume

 

Le baiser du chemin

L’archange dans les cieux

Et sur le lit défait

Un pointillé de lune

 

Tout me fut redonné

À la douceur du soir

L’écheveau de tes bras

La rampe de mes rêves

Au livret du silence

Le rouet de tes lèvres

La fièvre

L’allégeance

La ceinture de joie

 

À la lucarne bleue

L’étoile sémillante

Et sous la rhapsodie

De nos ombres filantes

L’alliage de nos pas

 

 

Sylvie Méheut

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Les îles

Publié le par Sylvie Méheut

Les îles dansent la nuit

Dans les rêves des hommes

Elles se donnent au pâtis

Suprême du couchant

Et caressent alanguies

De leur voile naissant

La cambrure des nues

Qui tendrement s’étonne

 

Et toi mon bel enfant

Aux paupières atones

Quand le sommeil s’éprend

De ton corps navigant

Quand les volets distraits

Laissent filtrer le temps

Quand les hanches du soir

À la lampe s’irisent

 

Je vois se dessiner

À ton flanc d’aube grise

Les reflets mordorés

Des îles sous le vent

 

 

Sylvie Méheut

Publié dans Le jardin du coeur

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Il est le sémaphore

Publié le par Sylvie Méheut

Il est le sémaphore des vastes solitudes

Le murmure incessant des saisons à venir

La verte ritournelle qui lentement augure

L’épure d’un soupir

 

Il est le vent léger

La genèse

L’averse qui parade en riant sous la nasse des cieux

Alignant le soleil aux folles espérances

Des servitudes bleues

 

Il est l’instant de chair

Le verbe retrouvé

La satiété

La joie

La grange et le grenier

La persienne attentive au matin redonné

Que l’on ensile en soi comme un éclat d’enfance

 

Il est la barque vive

Le ponton

La lumière

L’écluse libérée qui retourne à la mer

Siphonnant les sillons de la désespérance

 

Il est le temps tremblé qui charpente la lampe

L’oreiller dissident

Le chahut

Le veilleur

Il est de chaque écho

De chaque recouvrance

De chaque pas posé sur le cadran du cœur

 

Il est le sémaphore des vastes solitudes

Le murmure incessant des saisons à venir

La verte ritournelle qui lentement augure

L’épure d’un soupir

 

 

Sylvie Méheut

 

Publié dans Le jardin du coeur

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Il pleut sur la mer

Publié le par Sylvie Méheut

Ni mur

Ni frontière

Ni fêlure

 

À peine cette torpeur étrange

De ce qui va et qui n’est plus

Déjà qu’une ombre sur la Manche

Déjà qu’un vaisseau disparu

 

Et je suis là

Nue de t’attendre

Sur ce banc qui roule éperdu

Vers d’autres chants

D’autres silences

Ses fullerènes incongrus

 

Les vitrines ce soir se penchent

Lustrant les pavés caboteurs

 

De nos rêves avitailleurs

Restent les lèvres de septembre

Sur les zébrures de nos cœurs

 

Sur la rade le soir épanche

Ses épaules d’amareyeur

 

À l’horizon le matin penche

À l’horizon le matin pleure

 

Ni mur

Ni frontière

Ni douleur

 

À peine cette torpeur étrange

De ce qui va et qui n’est plus

Déjà qu’une larme à ma manche

Déjà qu’un vaisseau disparu

 

 

Sylvie Méheut

 

Publié dans Un jardin sur la mer

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Promenade du Clair de Lune

Publié le par Sylvie Méheut

Voici sur le lilas fleurir l’aube timide

Et sur l’aubépinier la larme qui demain

Offrira au jardin sa couronne candide

Et au ciel étoilé une trame d’étain

 

Dans la marge du temps j’ajuste ma mémoire

Et toi que je chéris tu m’apparais nouveau

Toi tout assermenté d’une impassible gloire

Toi et ta grâce offerte au chant des quatre vaux

 

Ta main de mai, dis-moi, esquisse-t-elle encore

Sur le grand chevalet de la Pointe d’Amour

Des villas délétères aux jupons de phosphore

Qui regardent Cézembre horizonner le jour

 

Le liseré du soir se penche sur la mer

Le jardin alangui qui rêvait au printemps

S’accroche à sa falaise qui régate alifère

Sous les cliquetis d’or de la nuit qui se tend

 

Dans la marge du temps j’ajuste ma mémoire

Et toi que je chéris me viendras-tu demain

Toi tout assermenté d’une invincible gloire

Entre le myosotis et l’auvent byzantin

 

 

Sylvie Méheut

 

Publié dans Un jardin sur la mer

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Belle-Île

Publié le par Sylvie Méheut

Sur la grève opaline dans l’épaisseur du soir

Nous séraphions heureux comme deux funambules

Un grand ciel cristallin nous laissait percevoir

Sous son jupon d’osier un cotillon de lune

 

Le vent faisait valser les fanions sur le port

Et nous chantions en chœur bien plus fort que la nuit

Sous le corselet d’or de la prime astérie

Nous entendions tinter le brouillon de l’aurore

 

Quand l’île s’envola par-delà l’espérance

Quand l’île s’envola par-delà l’océan

Quand l’île s’envola épousant l’innocence

De cet instant suprême où l’amour nous surprend

 

Sur la grève opaline dans l’épaisseur du soir

Nous séraphions heureux comme deux funambules

Un grand ciel cristallin nous laissait percevoir

Sous son jupon d’osier un cotillon de lune

 

 

Sylvie Méheut

 

Publié dans Un jardin sur la mer

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