Promenade du Clair de Lune

Publié le par Sylvie Méheut

Voici sur le lilas fleurir l’aube timide

Et sur l’aubépinier la larme qui demain

Offrira au jardin sa couronne candide

Et au ciel étoilé une trame d’étain

 

Dans la marge du temps j’ajuste ma mémoire

Et toi que je chéris tu m’apparais nouveau

Toi tout assermenté d’une impassible gloire

Toi et ta grâce offerte au chant des quatre vaux

 

Ta main de mai, dis-moi, esquisse-t-elle encore

Sur le grand chevalet de la Pointe d’Amour

Des villas délétères aux jupons de phosphore

Qui regardent Cézembre horizonner le jour

 

Le liseré du soir se penche sur la mer

Le jardin alangui qui rêvait au printemps

S’accroche à sa falaise qui régate alifère

Sous les cliquetis d’or de la nuit qui se tend

 

Dans la marge du temps j’ajuste ma mémoire

Et toi que je chéris me viendras-tu demain

Toi tout assermenté d’une invincible gloire

Entre le myosotis et l’auvent byzantin

 

 

Sylvie Méheut

 

Publié dans Un jardin sur la mer

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René Chabriere 01/10/2017 18:12

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Il y a , dans l'épaisseur infinie
qu'on ne sent que la nuit ,
vibrant de transparence,
bien au-delà des branches,
le firmament, poissé
du silence tressé
de la vie mystérieuse
des comètes, et des nébuleuses .

C'est la laitance des dieux,
qui parcourt les cieux.
J'ai tendu les bras,
et risqué des pas,
vers la plus haute roche...
Le ciel est tout proche.
Mais on ne peut toucher du doigt,
tout ce qu'on voit :
Même les amicales planètes,
ne se laissent approcher qu'avec une lunette,
et s'en tiennent à leur orbite,
partout où elles gravitent.

On ne peut les voir
que grâce au noir
qui finit toujours
par envahir le jour,
quand il s'éteint.
Alors j'étends mes mains
qui traversent l'atmosphère
et le corps des lumières
que les astres habitent.

Les étoiles palpitent;
elles respirent
et parlent d'avenir ,
dialoguent entre elles,
comme des nuées d'étincelles,
qui scintillent,
et habillent
les habits de cérémonie
de l'infini.

De tous ces bijoux
suspendus partout,
je me contente du plus modeste
de la voûte céleste,
la petite fortune,
d'un rayon de lune:
j'enroule mes doigts dedans,
et c'est comme un filet d'argent
que je soulève...

...c'est peut-être encore une part de rêve ?

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RC - avr 2016