Il pleut sur la mer

Publié le par Sylvie Méheut

Ni mur

Ni frontière

Ni fêlure

 

À peine cette torpeur étrange

De ce qui va et qui n’est plus

Déjà qu’une ombre sur la Manche

Déjà qu’un vaisseau disparu

 

Et je suis là

Nue de t’attendre

Sur ce banc qui roule éperdu

Vers d’autres chants

D’autres silences

Ses fullerènes incongrus

 

Les vitrines ce soir se penchent

Lustrant les pavés caboteurs

 

De nos rêves avitailleurs

Restent les lèvres de septembre

Sur les zébrures de nos cœurs

 

Sur la rade le soir épanche

Ses épaules d’amareyeur

 

À l’horizon le matin penche

À l’horizon le matin pleure

 

Ni mur

Ni frontière

Ni douleur

 

À peine cette torpeur étrange

De ce qui va et qui n’est plus

Déjà qu’une larme à ma manche

Déjà qu’un vaisseau disparu

 

 

Sylvie Méheut

 

Publié dans Un jardin sur la mer

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Éric Costan 11/08/2017 00:24

Émouvant, délicat, au rythme d'un cœur qui bat, des images...

Sylvie Méheut 11/08/2017 10:34

À croire que la pluie lustre vertiges et vestiges... Je m'en reviens de la Citadelle, émue. Merci Éric.